Lavande – Plante des dieux

La Seigneurie de l’île d’Orléans - Récipiendaire Expérience jardin Canada 150

La Seigneurie de l’île d’Orléans est l’heureux récipiendaire d’une désignation « Expérience jardin Canada 150 » décernée par le Conseil canadien du jardin en collaboration avec l’Association canadienne des pépiniéristes et des paysagistes.

UN PEU D’HISTOIRE :

Si vous désirez faire des rêves prémonitoires, massez-vous le front et les tempes avec des fleurs de Lavande fraîche écrasées avant de vous endormir. On dit aussi, en Provence, que l’homme qui mange des fleurs de Lavande dans une vigne abandonnée depuis plus de vingt ans a toute chance de voir alors des fantômes.

C’est la merveille du Midi en habit bleu; son parfum suave est un don que le Bon Dieu fit à la Provence…

Il existe trois espèces de lavandes en France, très proches par la forme comme par les propriétés; la lavande stoechas, la lavande officinale et la lavande aspic. La première, toute garnie de feuilles blanches veloutées, étale sur les garrigues sèches des terrains siliceux ses admirables fleurs pourpre violacé; elle est strictement limitée à la contrée méditerranéenne. La seconde, vient par tapis entiers non seulement dans la région méditerranéenne, mais encore dans les Cévennes, en Dauphiné, dans les Pyrénées et jusque dans les monts du Lyonnais; la variété d’altitude, dite petite lavande ou fine lavande, est plus estimée que celle de plaine, nommée lavande bâtarde, grosse lavande, spigoure ou lavandin… La lavande aspic atteint 1m de hauteur, possède des feuilles très larges, et ne pousse pas au nord des Hautes-Alpes.

Elle parfume mais aussi désinfecte, cicatrise, calme, stimule, tonifie et régularise, cela depuis des millénaires. Bien avant qu’on pense à créer les sels de bain, les « déodorants », les insecticides protégeant les vêtements ou assurant « la mort parfumée du pou », elle servait aux Romains à préparer leurs bains (son nom viendrait d’ailleurs du latin lavare, laver); on en plaçait des sachets dans les coffres et les armoires; on l’utilisait, sous forme d’huile, pour badigeonner le bois des lits afin de chasser les punaises et on l’appliquait sur la tête des enfants pour tuer les poux et leurs lentes.

Bien avant qu’on découvre l’existence des microbes responsables des infections et qu’on invente les sérums antivenimeux, on l’employait, en huile, teinture ou essence, pour panser les plaies des blessés par arme blanche, pour soigner les brûlures, alors que les chasseurs des régions où elle pousse sauvaient la vie de leurs chiens piqués par une vipère en frottant immédiatement la morsure avec une poignée de lavande froissée entre leurs doigts.

Encore une fois, les analyses modernes ont montré que l’empirisme avait vu juste et que l’huile essentielle tirée de la lavande est un puissant antiseptique (elle tue, à des doses infimes de 5 à 0,2 % le bacille de la diphtérie, celui de la typhoïde, le bacille de Koch ainsi que le streptocoque et le pneumocoque) en même temps qu’un remarquable neutralisant du venin, ce qui justifie l’intérêt que lui portait sainte Hildegarde, abbesse bénédictine aussi célèbre par ses visions que par sa science, qui lui a consacré un chapitre entier de son fameux traité de médecine, et l’emploi constant qu’en a fait la médecine populaire.